Dénonciation d’une seconde pause publicitaire à la TV par le SPMI.

Les syndicats de la presse, notamment le SPQN et le SPMI, ont traduit dans leur communiqué du 2 juin leur inquiétude suscitée par les projets d’assouplissement des règles qui limitent la publicité sur les chaînes privées.

Le SPMI a pris connaissance avec consternation de la proposition faite par Jean-François Copé au titre de la commission qu’il anime, et Christine Albanel, Ministre de la Culture et de la Communication, d’autoriser les chaines privées à pratiquer une seconde coupure publicitaire dans les films et les fictions longues.
Cette proposition, qui s’ajoute à l’assouplissement prévu du cadre réglementaire de la publicité télévisée signifie que parmi les scenarios d’accompagnement de la suppression de la publicité sur France Télévision, l’option de « dérégulation forte » la plus favorable aux deux majors privées, TF1 et M6 a été retenue.
Une semaine après l’annonce solennelle, par le Président de la République, de la tenue d’Etats Généraux de la presse à la rentrée pour « trouver des solutions aux problèmes économiques du secteur », ce cadeau de 480 M d’euros,- suivant les estimations des professionnels – fait à deux acteurs au détriment d »une recomposition plus équilibrée du marché publicitaire sonne douloureusement aux oreilles de la presse magazine .
Cette ré-organisation forcée du marché publicitaire vient s’ajouter à l’incertitude de la presse quant à ses modèles de diffusion, dans le contexte de la remise à plat, sous l’égide de l’Etat, du cadre contractuel presse/poste.
Pour le SPMI, c’est donc la cohérence de la politique publique dans le domaine des medias qui se trouve questionnée, alors que la croissance des ressources publicitaires de la presse constitue un levier majeur du renouvellement de son offre éditoriale, et le seul moteur de son développement multi-supports.

Le SPQN enchérit en précisant qu’une question d’une « telle envergure » ne peut « être traitée indépendamment de tout, en amont des états généraux des médias » et demande « la mise en place d’une réflexion globale, où toutes les interactions seront prises en compte« .

A noter qu’ « un changement des règles de la seule
publicité à la TV aurait forcément des répercussions importantes sur le
CA publicitaire des autres médias »,
renchérissent les éditeurs de
quotidiens nationaux.

[sources : communiqué du SPMI du 2 juin 2008, Les Echos, CBNews]