Deux types de demandes
Les demandes d'accès aux informations personnelles sont envoyées par les autorités d'un pays pour identifier un internaute, ou pour enquêter sur ses activités. Grâce aux traces informatiques conservées sur ses serveurs, Google sait tout de ce qu'un utilisateur a fait au cours des 9 derniers mois : ses recherches Web, ses emails ou encore sa navigation, mais aussi ses lieux de connexion ou la configuration de son ordinateur. Ces données sont très précieuses dans les enquêtes de police, mais leur transmission est très encadrée dans les régimes démocratiques.
Les demandes de suppression de contenus concernent, quant à elles, les services d'hébergement de Google : vidéos sur YouTube, par exemple, mais aussi blogs sur Blogger ou photos sur Picasa. Les éléments publiés par les internautes peuvent parfois être illégaux et les autorités font alors une requête officielle pour leur suppression. Pour le géant du Web, toute demande de suppression de contenu par un État est de la censure. "J'utilise ce terme de façon neutre", précise immédiatement Peter Fleischer, rappelant que la censure "n'est pas forcément illégitime" : elle peut servir la loi.
Parfois, les demandes sont infondées et Google les rejette : le taux d'acceptation est, lui aussi, publié par le moteur de recherche, mais seulement en ce qui concerne les demandes de suppression de contenus. Pas un mot sur le taux d'acceptation des demandes de données personnelles.
La France est très curieuse, mais censure rarement
La comparaison entre les pays est intéressante, même si les statistiques publiées ne couvrent que le deuxième semestre 2009. Alors que la France est cinquième au classement des pays qui demandent le plus souvent des données personnelles (846 demandes), elle fait partie de ceux qui n'exigent que très rarement la suppression d'un contenu (moins de 10 requêtes, dont 66 % acceptées). À l'inverse, l'Allemagne (82 millions d'habitants, contre 64 millions en France) n'a demandé que 458 fois des données personnelles, mais a émis 188 requêtes pour suppression de contenus, dont 94 % ont été acceptées (la lutte contre l'apologie du nazisme est certainement à l'origine d'un grand nombre de ces cas, selon Google).
Le pays qui s'en sort le plus mal est incontestablement le Brésil, de loin le pire élève des deux classements. Mais le succès des services comme Orkut (le "Facebook" made in Google) pourrait être une explication logique : un plus grand nombre d'utilisateurs entraîne un plus grand nombre de requêtes. Interrogé par lepoint.fr sur l'absence de la Chine sur la carte, Google reste évasif : "Nous ne connaissons pas les chiffres, vraiment", explique Peter Fleischer. Mais le site Government Requests évoque une autre explication : "Les autorités chinoises considérant les demandes de censure comme des secrets d'État. Nous ne pouvons pas dévoiler ces informations pour le moment."
LES CLASSEMENTS
Demandes de données personnelles :
- Brésil (3.663)
- États-Unis (3.580)
- Grande-Bretagne (1.166)
- Inde (1.061)
- France (846)
- Italie (550)
- Allemagne (458)
- Brésil (291)
- Allemagne (188)
- Inde (142)
- États-Unis (123)
- Corée du Sud (64)
- Grande-Bretagne (59)
- Italie (57)












